Simon Maller réalise des documentaires sur l’histoire de sa
famille, inscrite dans celle de la Shoah et de la mémoire juive
européenne. Depuis "Opa", qui raconte l'enfance arrachée de son
grand-père sous l'Occupation, il interroge la notion de
transmission d'un roman familial heurté par l'Histoire.
Films
Trois documentaires issus d’une même recherche familiale
Opa
2016
En 1942, Edmond Richemond a 13 ans lorsque sa mère est
arrêtée pendant la rafle du Vél d’Hiv. Parvenu à s’échapper,
il est recueilli par des voisins et confié plus tard à La
Colonie scolaire et aux EEIF qui le font passer en Suisse.
Réfugié à Genève, il est transféré au centre de triage des
Cropettes puis aux camps des Charmilles, de Varembé et de
Champel. Jusqu’à la fin de la guerre, il travaille dans un
hôtel de luxe de Crans-Montana. Il retrouvera son frère et son
père, tous deux survivants d’Auschwitz.
Edith
2019
Freiburg, Allemagne, 1933. Sous la pression des boycotts
antisémites, Guillaume Bloch voit sa fabrique de liqueurs
contrainte de fermer. Il s’exile à Paris, laissant derrière
lui sa femme et ses enfants, qui ne le rejoindront que cinq
ans plus tard. À dix ans, Edith découvre enfin ce « pays de
la liberté ». Mais la guerre rattrape la famille, qui doit à
nouveau fuir : Lyon, puis Villeneuve-sur-Lot. C’est là qu’une
rencontre inattendue viendra changer le cours de leur
histoire.
À la rencontre de mon père
2024
Dans ce documentaire, Edmond entreprend une (en)quête
familiale sur les traces de son père Rudy Rajchman,
personnalité très impliquée avant-guerre dans la vie juive
communautaire et notamment en tant que président de l’Union
des Juifs polonais en France. Souvenir d’enfance d’Edmond, la
visite au domicile familial d’un haut responsable de la
Gestapo chargé de la question juive constitue le point de
départ de ce film. À partir de ce moment fondateur, Edmond tente de reconstituer le parcours de son père dans la France des persécutions et des déportations.
Le film s’appuie sur des archives familiales et historiques
rares pour faire émerger une mémoire fragmentée, entre récit
intime et histoire collective.
Films réalisés à partir d’archives familiales et de témoignages
directs.
À propos
Simon Maller est réalisateur de documentaires. Né à Metz en
1985, il grandit dans une famille juive ashkénaze dont
l’histoire traverse l’Europe et les bouleversements du XXe
siècle.
Formé en mathématiques appliquées à Grenoble, puis aux
technologies de la musique à l’IRCAM (Centre Pompidou, Paris), il
développe une approche à la croisée de la rigueur scientifique
et de l’écriture intime.
Après plusieurs années comme ingénieur, il décide de réaliser
des documentaires consacrés à l’histoire de sa propre famille et
entreprend un premier film, Opa, racontant l’histoire
de son grand-père, enfant caché en Suisse pendant la Shoah.
Réalisé depuis sa position de représentant de la troisième génération, ce film
interroge aussi la manière dont cet héritage façonne son
identité.
Il poursuit ce travail avec Edith (2019), qui retrace
le parcours de sa grand-mère, réfugiée en France après avoir fui
l’Allemagne nazie, puis avec À la rencontre de mon père,
consacré à son arrière-grand-père Rudy Rajchman, figure engagée de
la vie juive parisienne sous l’Occupation. Ce dernier film
s’appuie sur des archives familiales et historiques inédites.
Ses films explorent les enjeux de transmission, d’identité et
les liens entre mémoire intime et histoire collective.
Il développe actuellement un nouveau projet autour de son
grand-père paternel, engagé en Palestine en 1948, ainsi qu’un
travail d’écriture inspiré de l’histoire de sa famille à travers
l’Europe, Israël et le XXe siècle.